Le culturisme féminin est mort…
vive le culturisme féminin !

Par Candi Moro 

À mon avis, ce fut avec son arrivée au gymnase, et en s'exerçant avec poids, que l'émancipation de la femme a réellement fait son apparition, quand elle s'est véritablement libérée et a rompu avec tous les stéréotypes et propre rôle que l'homme lui avait imposé. Oui, c'est sûr que durant les années 80, la femme avait déjà tous les droits et exerçait librement n'importe quelle profession et elle était même libre de sa sexualité et de sa maternité, grâce aux méthodes contraceptives ; droits pour lesquels elle a dû se battre pendant de longues décennies, mais elle se sentait encore "prisonnière" de son aspect physique, toujours imposé par les hommes. Il s'agissait du dernier pas pour la liberté totale et absolue. Pour rompre avec le Status Quo. C'est-à-dire, avoir le corps et l'image qu'elle déciderait elle-même.
À un moment où la seule activité physique visant à sculpter le corps était l'aérobic, basé sur le footing et la danse, les premières culturistes sont arrivées au gymnase et se sont mises à soulever des poids. Inouï ! En ces temps-là, les gymnases étaient presque des lieux réservés aux hommes, remplis de fers et sans aucuns décors, mais ces pionnières des fers ont changé la facette de ces centres grâce à leur présence et si nous y réfléchissons bien, si elles ne s'étaient pas lancées dans cette pratique, il se peut que de nos jours, nous soyons toujours en train d'entraîner dans des gymnases lugubres, qui ressemblent plus à des cachots qu'à des centres de conditionnement physique modernes et agréables. Nous avons fait là un grand pas en avant que nous devons, en grande partie, à ces femmes.
La question est qu'aux Etats-Unis, un nouveau mouvement féminin, celui des culturistes, est apparu soudainement.
La pionnière à être médiatisée fut Lisa Lyon, Californienne, née en 1953 et qui en 1980 fut considérée comme étant la meilleure culturiste, avec une taille de 1m58 pour 47 kilos, elle pouvait faire un soulevé de terre avec 100 kilos, soulever 54 kilos au développé couché et faire des squats avec presque 120 kilos, c'est-à-dire avec deux fois et demi son poids corporel, et comme vous le savez, peu d'hommes sont capables de dupliquer leur poids. Lisa a commencé à s'exercer avec les poids en vue d'améliorer ses prestations pour d'autres sports et son corps a acquis des formes tellement superbes qu'elle a participé au championnat du monde du culturisme à Los Angeles, en juin 1979 et elle a gagné, on l'a vu ensuite à la télé, et dans des tas de revues, en fait c'était la première culturiste à paraître dans Playboy (en octobre 1980), se convertissant ainsi en la muse de millions de femmes qui se sont précipitées à s'entraîner avec poids. Lisa a démontré au monde entier qu'une femme pouvait s'entraîner avec poids, et même devenir très forte, développer ses muscles et multiplier grâce à cela sa beauté et sa féminité. Le culturisme féminin a pris son envol à partir de ce moment.
Ensuite Gladys Portugues, Rachel McLish, Cory Everson, etc... sont arrivées. Le muscle féminin est devenu à la mode et les nouvelles amazones dégageaient une beauté féline qui a captivé aussi bien les hommes que les femmes, jusqu'au point de changer, peut-être même sans le savoir, les canons de l'esthétique féminine.
Pendant presque deux décennies, le culturisme féminin a conduit des millions de femmes à s'exercer avec poids et machines de résistance et de cette façon, elles ont non seulement amélioré leur aspect externe, mais également leur longévité et qualité de vie.
Or, parallèlement à ce mouvement populaire, la compétition spécifique s'est mise en place, où par erreur on a favorisé le muscle, plus il était gros et sec. C'est ce qui a tué le culturisme. Il est certain que ces athlètes à la muscularité extrême méritent tout notre respect et admiration pour leur courage, ténacité et capacité de sacrifice pour transformer leurs corps à ce point, mais il n'en est pas moins que cette image androgène ne résulte pas attirante pour l'immense majorité des filles, ni pour les hommes d'ailleurs. Le plus grand tort fut lorsque les gens de la rue ont associé ces athlètes extrémistes au culturisme.
Comme on pouvait s'y attendre, d'autres mouvements compétitifs sont apparus comme le fitness, aux physiques plus acceptables, mais j'aimerais souligner qu'intrinsèquement quand une personne fait des exercices pour modifier ses formes corporelles, il s'agit du culturisme, quel que soit l'adjectif que vous lui attribuez. Aujourd'hui les gymnases et les centres de conditionnement physique ont plus de membres féminins que masculins et tous emploient une forme de résistance ou une autre, que ce soit les poids ou les machines.
De nos jours, toutes les femmes savent parfaitement qu'exercer leurs muscles leur fournit beaucoup de bénéfices internes et externes et c'est pourquoi elles sont des millions à le pratiquer, mais ce qu'elles ne savent pas est que, en essence, elles sont toutes des culturistes.
Par conséquent, on peut dire que le culturisme féminin extrême de compétition est mort, mais soyez réalistes, la vérité est en dehors de cela, le culturisme féminin n'a jamais autant joui d'une telle vitalité et popularité.
Le culturisme féminin extrême est mort. Vive le culturisme féminin !

 


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